- M. Jean-Pierre Boissavit nous adresse une information nouvelle sur le crâne de Cro-Magnon I (Le Figaro, 9 mars 2010). C’est un crâne très connu, car il est particulièrement bien conservé et il a fait l’objet de nombreuses études externes depuis sa découverte aux Eyzies en 1868. L’imagerie médicale vient d’en permettre une exploration interne non destructive. À partir des images 3D obtenues, le Musée de l’Homme a décidé de faire réaliser un moulage de l’endocrâne. -

Le Dr Gilles Delluc (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) nous informe qu’« une délégation arménienne et la municipalité de Saint-Chamassy ont rendu hommage au vice-amiral Louis Dartige du Fournet, le 5 mai dernier, avec la pose au cimetière, d’une plaque et d’une sculpture de marbre blanc marqué d’une croix rouge, oeuvre du sculpteur libanais Boghos Agassi (fi g. 1), en souvenir du sauvetage des Arméniens du mont Mussa en 1915. Dans la région du massif du Mussa Ler (mont Moïse), dans l’ancien royaume de la Petite Arménie, les Ottomans avaient commencé à harceler les Arméniens. Le 5 septembre 1915, les Arméniens réussirent à attirer l’attention d’un bateau français, le croiseur Guichen, sur la côte nord de la Syrie, avec un drap blanc marqué d’une croix rouge. L’amiral Dartige du Fournet sollicita des instructions auprès de l’état-major. Sans réponse précise, c’est fi nalement sous sa responsabilité que, les 12 et 13 septembre, 4 080 Arméniens furent embarqués sur la Foudre, le D’Estrées, le Guichen, l’Amiral Charner et le Desaix. Les marins français de la 3e escadre donnèrent le meilleur d’euxmêmes pour réussir cette évacuation. direction Port-Saïd, en Égypte, où les rescapés furent accueillis, gardant toutefois le nom de Mussalertsi (enfants du mont Mussa). Leurs 50 000 descendants sont nombreux aujourd’hui au Liban. Cette évacuation d’une majorité de femmes, enfants et vieillards a été possible grâce aux bombardements du Desaix et du Guichen, qui ont agi sur le moral des troupes ottomanes. Les Arméniens en général et les Mussalertsi en particulier ont remué ciel et terre pour retrouver le lieu d’inhumation de Dartige du Fournet, « ressuscité dans un précieux bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord », comme l’écrit Alain Bernard, dans Sud Ouest, 4 mai 2010. La municipalité avait été informée de cette publication par notre collègue Régis Alix et, effectivement, Wikipedia indiquait : « Tombe à Saint- Chamassy (Dordogne) (Delluc, BSHAP, 2007) ». Voir BSHAP, 2007, p. 321- 326. Plusieurs de nos collègues ont assisté à la cérémonie, dont notre président et, bien entendu, Mme Jeanne de La Batut, parente de l’amiral.

- À la suite de la publication sur la locomotive Forquenot (BSHAP, 2009, p. 583-592), M. Gérard de la Fortelle (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) nous adresse une copie d’un portrait de Victor Forquenot de La Fortelle (1817-1885) et son blason, parus dans La Vie du Rail, n° 897, en date du 19 mai 1963. Ce document lui a été transmis par M. Jean-Marc Combe, conservateur de la Cité du train – Association du musée français du Chemin de fer, 2, rue de Glehn, 68200 Mulhouse, tél. 03 89 42 83 33.
- M. Jean Batailler dresse le portrait d’un « Buguois oublié, Jacques Natanson (fi g. 1, portrait et affi che de La Ronde). Écrivain, réalisateur, scénariste et dialoguiste français, il était né à Asnières le 13 mai 1901. Il avait choisi, sur la fi n de sa vie, de venir vivre, 132 avec son épouse, rue de la Faure au Bugue. Il y est mort le 19 mai 1975. Son oeuvre est très importante : 10 pièces de théâtre entre 1921 et 1947 ; 3 romans : Manigances (1946), Le Club des ex (1948), La Nuit de Matignon (1960). Mais il travailla surtout pour le cinéma. En tant que réalisateur, il fi t 4 fi lms entre 1933 et 1936. Il écrivit 10 scénarios et dialogues entre 1933 et 1955, dont 5 avec Max Ophuls et, en particulier en 1951, La Ronde (qui reçut un oscar) et, en 1955, le célèbre fi lm Lola Montès. Son activité de dialoguiste est aussi très importante. 27 fi lms entre 1930 et 1954, dont quelques oeuvres célèbres : Michel Strogoff (1935), La Garçonne (1936), Tarass Boulba (1936), La Rage au corps (1954). Il travailla avec les plus grands réalisateurs de l’époque. Il fit seul 3 scénarios en 1929, 1934 et 1937. Durant sa vie parisienne, il eut quelques auteurs pour amis, en particulier : Marcel Pagnol, Marcel Achard, Roger-Ferdinand, Paul Nivoix, Steve Passeur, Alfred Savoir, Léopold Marchand. Sa fille, Agathe Natanson, est une brillante actrice et l’épouse de Jean-Pierre Marielle. Il repose au cimetière du Bugue ».
- Mme Barbara Sibille, attachée de conservation du patrimoine (Conservation du patrimoine départemental), signale que l’ange n° 55, pendentif sculpté naguère accroché à la voûte de la travée XIX (partie orientale) du cloître de Cadouin, est introuvable. Voici le cliché pris le 3 octobre 1988 . Certaines de ces clefs de voûte avaient été déposées il y a quelques années en raison des risques d’accident et mériteraient d’être remises en place. Cette sculpture de l’extrême fi n du XVe siècle vient s’ajouter à la liste déjà trop longue des sculptures baladeuses de Cadouin (voir BSHAP, t. CXXXV, 2008, p. 703-730).
- Mme et M. Brigitte et Gilles Delluc (gilles.delluc@ orange.fr) envoient une note sur leurs recherches en cours à la grotte de Villars. « Lors de leur mission 2009 à Villars, dans le cadre des recherches de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), intitulée Micro-analyses et datations de l’art préhistorique dans son contexte archéologique, M. Hubert Versaveau, propriétaire, leur a présenté une lame de silex gris (l = 8 cm environ), découverte par lui dans la salle des Peintures, peu auparavant. Elle avait été glissée dans le très vieil éboulis terminal, aujourd’hui partiellement enlevé pour aménager le sas de sortie (il est encore intact dans la salle du Sas). Le trou laissé par l’extraction de cette pièce est toujours bien visible, conservant un petit fragment de silex, au fond. Il est situé à 0,36 m au-dessus du sol et à 1,30 m du mur maçonné de la sortie, sur le bord gauche du cheminement des visiteurs . De tels « ex-voto », de pierre ou d’os, suivant le terme consacré, glissés dans des interstices pariétaux ou plantés dans le sol, ne sont pas rares et ont été signalés dans une vingtaine de grottes ornées françaises et espagnoles, dont une douzaine de grottes pyrénéennes (notamment à Enlène, en Ariège). En Dordogne, Villars vient donc s’ajouter aux faits connus : trois lames de silex étaient ainsi cachées dans la paroi rocheuse du fond du Diverticule axial à Lascaux, une longue lame de silex à Bernifal, à l’entrée du dernier diverticule décoré, à l’extrémité de la grande galerie, et un burin en silex à la grotte du Pigeonnier de Saint-Front de Domme, sous la frise sculptée. Dans ce dernier cas, l’examen tracéologique au microscope nous a montré qu’il n’avait pas servi à graver la pierre, confi rmant ainsi la nature symbolique et non directement fonctionnelle de ces dépôts dans les sanctuaires souterrains paléolithiques. »
- Le comte Régis de Foucauld rappelle que son parent, « le Bienheureux Charles de Foucauld (attention à l’orthographe du nom) vint deux fois à Bridoire. Le 6 mars 1911, venant de Paris à Bergerac par le train, il fait la connaissance du marquis de Foucauld de Lardimalie, chef du nom et des armes, et note dans ses carnets : « Journée à Bridoire ; parti soir pour Angoulême et Paris ». Du 27 au 30 juin 1913, il séjourne à Bridoire. Le 27 juin, il note : « Assisté confi rmation de Jean et Henri de Foucauld à la Gaubertie chez le comte du Pavillon ». Ces deux petits neveux ont pour père Louis de Foucauld de Pontbriant qui habitait le château de La Renaudie, à Lembras près de Bergerac. Charles de Foucauld y séjourne du 30 juin au 13 juillet. Le 10 juillet, il note : « Séjour Renaudie. Été avec Arnaud visiter Montréal (qui appartient aujourd’hui au marquis de Montferrand, cousin d’Arnaud) ». Il revit son cousin Louis (qui mourra à la Renaudie le 23 décembre 1913) au mois de septembre, au château de La Barre, chez Marie de Bondy, avant d’embarquer à Marseille le 28 septembre et de regagner Tamanrasset, via El Golea et In Salah le 22 novembre. Arnaud, marquis de Foucauld de Lardimalie (1855-1932) fut le dernier représentant de la branche ainée des Foucauld. » La bibliothèque conserve le texte complet de cette lettre, qui fournit encore des informations généalogiques sur la famille de Souillac aux XVIIe et XIXe siècles. Voir aussi BSHAP, 1989, 1991, 1998, 1999.
- M. Jean Vanaerde a rédigé un descriptif détaillé des carrières de Saint-Astier, que nous avons visitées au cours de l’excursion de l’automne dernier : 40 hectares de carrières exploitées, de calcaire campanien, avec des galeries mesurant 6 mètres de haut (jusqu’à 12 m de haut par surcreusement du sol), avec préservation de piliers naturels en quinconce. La roche est broyée en sous-sol et le concassé acheminé en surface pour y être transformé en chaux vive dans des fours verticaux (vers 900°), en ciments dans des fours horizontaux (1400°). L’entreprise familiale « Chaux et ciments de Saint-Astier » commercialise 17 variétés de liants et de mortiers. Le texte complet de la notice de M. Vanaerde peut être consulté à la bibliothèque.
- M. Claude Labussière s’interroge à propos de deux dessins de Léo Drouyn. Sur le premier (B. et G. Delluc, Léo Drouyn en Dordogne 1845-1851, fi g. 28, p. 79), il lui paraît étrange que Léo Drouyn n’est pas fait fi gurer le mur de chevet et la voûte, qui devaient être dans son champ de vision, comme s’il avait voulu faire un éclaté de l’église. Le deuxième dessin qui lui pose problème est celui de la vue intérieure (fi g. 35, p. 83) car la porte voûtée à droite semble donner sur un lieu sombre et non sur l’extérieur. Comme il le suggère, la porte devait donner sur un bâtiment aujourd’hui disparu.
- M. Claude Labussière, toujours au sujet de l’abbaye de Brantôme, signale qu’elle est très souvent l’objet d’erreurs d’orientation : par exemple, Jean Secret situe la porte des Réformés au couchant, en parlant en fait de la porte Saint-Roch ; le rapport archéologique de septembre 2000 de J.-L. Piat fait une erreur constante de 45° sur tous les repérages. En fait, comme le montre le plan cadastral, elle est orientée nord-est / sud-ouest. C’est ainsi que la deuxième statue n’est pas exactement sur l’élévation sud, comme indiqué (BSHAP, t. CXXXVI, 2009, p. 404), mais plus précisément sur l’élévation sud-est.
- M. Bernard Sainte-Marie (tél. 05 56 97 32 47 ; courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) nous adresse la photographie d’un tableau de l’église de Saint-Pierre-de-Côle (fig. 3). Il sollicite l’aide de la SHAP pour tenter d’élucider les problèmes qu’il pose. En effet, ils empêchent l’aboutissement du dossier de classement. « Il s’agit d’une Remise des clés à saint Pierre, par Jésus sous le regard extasié de saint François d’Assise… Après des années d’attente depuis la recommandation de Jean Secret en septembre 1962, ce tableau (1,30 m x 0,96 m ; 1,57 m x 1,22 m avec le cadre) a été enfin inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques le 29 janvier 2009. On sait qu’il a été offert, vers 1935, à l’abbé Busset, curé de la paroisse, par l’un de ses amis qui le tenait lui-même d’un certain « Comte Franck », comte papal, m’a-t-on dit, et, pour l’état civil, François Honoré Pineau, décédé à Suresnes en novembre 1902 (sa trace est perdue). L’oeuvre présente des armoiries religieuses et de facture italienne. Au bas du tableau, on lit FRANCISCUS ANGELINUS A.D.MDCCXX. D’après Stéphane Loire (département des Peintures au Louvre), ce nom est inconnu : il peut être celui de l’auteur, mais aussi celui de son commanditaire ou d’un de ses anciens propriétaires. Pour M. Sainte-Marie, il s’agirait plutôt du commanditaire. Sur la contremarche, entre le bord du cadre et l’habit noir de saint Philippe Neri, on lit, sur quatre lignes superposées, une inscription : TIBERI US SPIT R, M ( ?). Pour M. Sainte-Marie, cette deuxième inscription est peut-être plus explicite : TIBERIUS correspondrait à l’origine de l’artiste : de Trastevere ou de Thiviers (Thibérien ?) ; SPIT pour SCULPSIT, mais ce serait curieux pour une peinture. Cependant cette peinture a, aussi, à certains égards, des aspects d’esquisse, un modello peut-être pour un retable ? Autre supposition : il pourrait s’agir d’un manifeste de la Contre Réforme, tendant à affirmer l’allégeance au pape des ordres mineurs, franciscains, oratoriens, capucins. Une petite clarté dans cette confusion, le tableau serait d’origine italienne et largement influencé par Federico Barocci, Guido Reni…
On peut préciser que ce tableau, qui porte la date de 1720 (MDCCXX) associé au nom Franciscus Angelinus, possède des analogies avec la partie centrale de la fresque de la Chapelle Sixtine due à Cosimo Rosselli (1439- 1507). Il comporte surtout de nombreuses ressemblances avec le tableau de Guido Reni (Le Guide), peint entre 1624 et 1626 et exposé au Louvre (www. insecula.com/oeuvre/O0016991.html) : même attitude des personnages, mêmes vêtements, même échappée sur le ciel en arrière plan. Le cadre du tableau est magnifique (d’origine florentine et de l’époque du tableau pour Jean Secret) et porte quatre coquilles. Sur le tableau, un blason porte les clefs de saint Pierre et un buste silhouetté en noir.
- M. Michel Baudron (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) recherche toute information sur le château de Veyrignac et, tout particulièrement, le testament passé par Marie-Angélique de Caors, dame de Veyrignac, épouse de Pierre de Terme, passé devant Me Chassaing, notaire à Milhac (Lot), le 20 mars 1775. La copie de ce document, alors détenu par Me Meulet, notaire à Gourdon, avait été offert à notre compagnie par M. Henri Viers en 1966 (BSHAP, 1966, p. 75). Malheureusement le document a été égaré.
- M. Marc Favreau, conservateur en chef du musée des Beaux-Arts de Bordeaux (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.), prépare un projet d’exposition consacré à l’art provincial français. Il recherche des chefs-d’oeuvre incontournables de la première moitié du XVIIe siècle, peu ou non connus, éventuellement conservés en Dordogne, y compris les inédits de peintures, de gravures et de dessins.
- Pour les amateurs de timbres relatifs à la Préhistoire, la Dordogne vient d’être gâtée par l’émission de quatre timbres consacrés à Lascaux par l’État de São Tomé e Príncipe. C’est un archipel volcanique de l’Atlantique sud, situé dans le golfe de Guinée, à 300 km des côtes du Gabon, portugais puis indépendant (200 000 habitants). Ces timbres (fig. 1) portent des photographies : l’un des bisons croupe à croupe de la Nef ; un cheval chinois du Diverticule axial ; la « licorne » ; le premier taureau de la Salle des Taureaux. Deux sont accompagnées de relevés de dessins rupestres du Levant espagnol, très anachroniques. L’image centrale du bloc est également un patchwork de dessins : un mammouth, les deux rennes de Font de Gaume, deux volcans, un reptile du Secondaire et un homme préhistorique fantaisiste.
- Le Dr Gilles Delluc (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) a retrouvé un souvenir du fils de Jean Jaurès sur les lieux de sa mort, près de Soissons. Loin de Nontron, sa ville natale. « Le village de Chaudun (Aisne), entre Soissons et Villers-Cotterêts, possède une rue Jean-Jaurès et, sous les platanes à l’entrée du bourg, un émouvant monument, inauguré par Léon Blum en 1936. Cette stèle est surmontée par le buste de Jean Jaurès (fig. 2). Mais l’inscription est la suivante : « Sur ce plateau est tombé Louis Jaurès, fils de Jean Jaurès, 3 juin 1918 ». Elle rappelle la mémoire du fils de Jean Jaurès et de son épouse Louise, né à Nontron le 27 août 1898. Paul, Auguste, Marie, Louis Jaurès était né à la sous-préfecture de cette ville assez fortuitement : sa mère était la fille de Jean Eugène Bois, sous-préfet de 1893 à 1899. Son père déclara lui-même l’enfant et lui fit donner le prénom de son propre frère, le futur vice-amiral Louis Jaurès. Jean Jaurès sera assassiné le 31 juillet 1914 par Raoul Villain. L’année suivante, Louis Jaurès, âgé de 17 ans, devance l’appel à Paris, au 2e bureau de la Seine. Engagé volontaire, il sert au 1er régiment de dragons puis au 10e bataillon de chasseurs à pied, sous les ordres du chef de bataillon Nicolas : « Quand on est le fils de Jean Jaurès, dit-il, on se doit de donner l’exemple. L’internationalisme philosophique n’est pas incompatible avec la défense de la Patrie ». Il trouve la mort à 20 ans, au cours de la bataille de l’Aisne, à la fin de la troisième offensive du général Erich Ludendorff, lancée le 27 mai depuis le Chemin des Dames. Elle fit en quelques jours 125 000 morts dans chaque camp. Mortellement blessé, le jeune aspirant meurt quelques heures plus tard à Prenant. Il sera cité à l’ordre de la Nation par le général Mangin et, le 6 juin 1922, il sera déclaré mort pour la France. Entre temps, Raoul Villain a été acquitté en mars 1919 et la veuve de Jean Jaurès contrainte de payer les frais de son procès... »
- M. François de La Clergerie (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ; tél. : 05 53 53 32 63) « tient à la disposition des membres de la SHAP tout le fruit de ses recherches depuis 1993, soit plus de 500 dossiers correspondant à ses recherches par radiesthésie sur les tombes, châteaux et souterrains, surtout du Périgord et, également, une vitrine contenant des fossiles minéraux et archéologiques. »
- M. François Labrue nous adresse une note sur l’immigration bretonne en Périgord au cours des années 1920, et tout particulièrement à Annesse-et-Beaulieu. Il se souvient que « pendant de nombreuses années, ces Bretons venaient à la messe du village, surtout les hommes dans leurs vêtements typiques (petit gilet court et coloré). On reconnaissait leurs noms de famille parce qu’ils commençaient par Le : par exemple, Le Goff, Le Laye. Ces agriculteurs avaient tous des chevaux pour travailler la terre et des vaches laitières pour fabriquer du beurre, qu’ils vendaient au porte à porte. Ils ne savaient pas « lier » une paire de boeufs. Parmi leurs coutumes, il ne fallait pas faire la lessive en novembre, car cela faisait mourir les hommes. » À cette époque le Finistère souffrait d’une insuffisance de fermes et de logements. C’est ainsi qu’une émigration bretonne fut organisée en Dordogne par les autorités concernées : les syndicats agricoles, le ministère de l’Agriculture, le préfet de la Dordogne, mais aussi les évêques de Quimper et de Périgueux. Les arrivées se firent « en 21 convois : 270 familles, entre 1921 et 1924 ; 300 familles en 1926 et 500 familles en 1930 (le mot famille est utilisé dans le sens de personnes d’une même famille,c’est-à-dire parents et enfants). En 1932, on recensa 20 000 hectares défrichés. On veilla à leur assurer assistance dans leurs démarches, leur adaptation, à les diriger dans des terres propres à leur culture : aussi ne les envoya-t-on pas dans le Bergeracois ou le Sarladais où on pratiquait la culture de la vigne et du tabac qu’ils ignoraient. Pour les encourager, l’abbé Sanchez, qui était vicaire près de Landernau et inspecteur des caisses rurales diocésaines, vint les visiter deux fois l’an. Puis en 1925, l’évêque de Quimper le nomma Aumônier des Bretons du Périgord. Il y eut pendant longtemps un grand pardon annuel qui rassemblait à Périgueux, Bretons en costumes traditionnels et Périgordins. » Le texte complet de cette note est déposé dans notre bibliothèque où il peut être consulté. Voir aussi : BSHAP, 1925, p. 46, 83, 141 ; 1968, p. 161 ; 2007, p. 232. Le Cheval d’Orgueil de P. J. Hélias (1975) fait état de cette migration.
- Mme Mercier, présidente de l’association des amis du musée de Petit- Bersac, rappelle que l’église de Petit-Bersac est de fonds roman (XIe et XIIe siècles). Malheureusement, comme l’écrit Jean Secret dans Les églises du Ribéracois (Périgueux, Fontas, 1958), elle « a perdu tout caractère lors de la restauration générale au XIXe siècle » (restauration de 1868 et reconstruction du clocher par Jules Mandin, architecte).
  • À la suite de l’information fournie par M. Pierre Martial sur 53 colons de Montpon arrivés en Nouvelle-Calédonie en 1891 (BSHAP, 2009, p. 144), M. Franck Duhard (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) fournit les « précisions suivantes concernant 13 familles de Montpon parties sur le Yarra depuis Marseille vers la Nouvelle-Calédonie. Elles s’établirent en Ouaménie. Des photos d’une de leurs maisons “idylliques” ont paru dans le journal gratuit de Boulouparis en octobre 2007. Devant les mauvaises conditions rencontrées par ces colons, seulement quatre familles s’y établirent définitivement. Un livre est en préparation sur ce sujet (à paraître fin 2009). Une descendante de deux de ces familles (avec
laquelle je suis régulièrement en contact) vient en Périgord revoir les membres
de sa famille restés dans la région de Montpon ». M. Martial se tient à la
disposition des personnes intéressées pour plus de renseignements.
  • M. Pierre Martial (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) adresse des informations sur des Périgordins « timbrifiés » ou auteur de timbres. « Un timbre du Panama, des années trente, porte l’effigie d’Armand Reclus, frère d’Elysée Reclus : il participa au creusement du canal et en fut le premier directeur général. Deux artistes français ont illustré des timbres, gravés en taille douce par Claude Durrens : Roger Chapelet (1903-1995), affichiste et peintre officiel de la marine, originaire de Montpon, pour Le cap hornier l’Antoinette en 1971, Le terre-neuvas Côte d’Émeraude en 1972, Le cinq mats France II en 1973, Sauvetage en mer en 1974, La frégate la Melpomène en 1975 ; Marcel Deviers, d’Archignac, peintre et professeur de dessin, pour Les villes nouvelles en 1975. Les Prémontés à Pont-à-Mousson de Marcel Deviers a été gravé par Bequet.
Un article sur les Périgordins « timbrifiés » ou graveurs complèterait celui qui a été consacré aux sites de la Dordogne (BSHAP, 1999, p. 421-433).

  • M. Jean-Marie Védrenne ( Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) se souvient de l’abbé Jean Estay (voir notre dernier
Bulletin), il y a plus de 50 ans : « Enfant, au soir d’un pèlerinage à Fontpeyrine, j’ai vu arriver près de la fontaine un vieux prêtre aux cheveux longs, à la frêle silhouette genre curé d’Ars, tenant une vieille musette. Il distribua aux enfants qui se trouvaient là un couteau et leur demanda de racler la précieuse cire, reste des cierges qui avaient été piqués dans la tôle perforée qui existe encore.
En plus de toutes les inventions déjà citées, il avait aussi créé le “rat de cave”, une mèche en cire qui, ajustée au bout d’un bâton, servait à allumer les cierges dans les églises. Ce curé pittoresque alimentait les conversations, les gens s’adressaient à lui pour toute sorte de réparation. Je me souviens qu’un vieux facteur du Bugue avait grillé la magnéto de sa vieille Peugeot. L’abbé Estay avait réussi à la lui rebobiner. Allant à vélo du domicile de mes grands-parents maternels à Lalinde à celui de mes grands-parents paternels à Fleurac, j’ai eu l’occasion de porter à son presbytère des montres et des réveils appartenant à ses confrères. Le plus difficile était de récupérer l’objet car il n’était pas toujours là… »
  • M. Jean Christian de Cerval  se souvient lui aussi de l’abbé Estay avec émotion. « Je lui dois mon baptême dans la chapelle de Lasserre, concélébré le 28 septembre 1926 avec l’abbé Lassort, curé de Marquay. Mes souvenirs sont évidemment postérieurs. Nous ne manquions pas de suivre l’office dominical soit à Saint-Quentin, notre paroisse qu’il desservait, soit à Tamniès. Les prônes étaient vifs et les moments d’absence, dont il est fait mention, étaient fréquents. Nous prenions cela comme un état d’extase, souvent suivi d’un Dieu soit béni, que j’entends encore aujourd’hui. Bien après son affectation aux Eyzies, ses ouailles de Saint-Quentin et Tamniès parlait du saint homme qu’ils avaient connu. Dans les années 1930-35, il allait le jeudi soir dîner puis “philosopher” avec les Pères jésuites de Saint-Joseph à Sarlat. Rentrant à Tamniès et passant en voiture devant Lasserre, nous aimions entendre une série de klaxons pour, disait-il, donner sa bénédiction à la famille de Cerval. Je me souviens parfaitement duchien Gipou, dont la queue s’agitait par le trou de la lucarne de la Trèfle. Il eutaussi un Kiki. La Rosengard vint plus tard. Souvenirs encore de la Francomtoise de la cuisine, remise en marche après avoir bouilli dans une lessiveuse, du calendrier perpétuel, de la chaufferette, mais surtout des odeurs de pharmacopée du presbytère de Tamniès. Il usait abondamment de l’extrait d’ail au puissant
    impact olfactif pour les visiteurs. J’ai pu, avec quelques anciens de Tamniès, évoquer la célèbre fête votive locale, au cours de laquelle, manoeuvrant un essaim d’abeilles avec l’abbé Lassort, son acolyte de toujours, ils provoquèrent
    une panique générale dans le hameau. On crut à une mauvaise intention du curé. Il en était bien incapable.
  • M. Claude Dachary ( claude.dachary@wanadoofr), après avoir lu l’étonnante histoire de Jean Estay (BSHAP, 2009, p. 253-270), a été particulièrement intéressé par l’amitié qui le liait avec un certain abbé Valade. Il a connu un prêtre qui fut sans aucun doute l’ami de l’abbé Estay, tant les coïncidences sont nombreuses (hypothèse confirmée par le témoignage récent de la nièce de l’abbé Valade). « J’habite Prats-du-Périgord depuis 1954. J’ai côtoyé jusqu’à sa disparition le desservant de cette commune : l’abbé Valade (mort à Prats en 1976). Ce curé est né en 1899 au lieu-dit Le Petit-Salignac à Tamniès, où a officié, jusqu’en 1935, l’abbé Estay. Le jeune Valade avait 13 ans lorsque l’abbé Estay arriva à Tamniès. Toute l’adolescence du premier s’est déroulée en présence de l’abbé Estay. On peut présumer alors que le prêtre a joué un rôle important dans ladémarche religieuse du jeune Valade vers la prêtrise et que des liens amicaux se sont établis alors. Sa première messe, l’abbé Valade l’a dite à Tamniès sous l’égide de l’abbé Estay. Celui-ci, d’après la nièce de l’abbé Valade, l’initia aux mystères de l’horlogerie. Cet art, l’abbé Valade, comme l’abbé Estay, le mit au service des montres et des pendules de tous, croyants ou mécréants. Jean Estay visitait volontiers ses paroissiens sans exclusive ni trop de formalisme, comme l’abbé Valade, qui passait pour un franc-tireur auprès des collègues.
Enfin, tous deux étaient hors norme. En lisant votre texte sur l’abbé Estay, j’ai retrouvé, sur ces points de ressemblance, le curé que j’ai connu. Ayant réalisé, en 1995, la monographie de la commune de Prats-de-Périgord, j’avais tracé un bref portrait de l’abbé Valade, le bon pasteur, personnage atypique dans son milieu et pour qui j’avais une vraie sympathie ». Un exemplaire de cette monographie se trouve à la bibliothèque de la SHAP (portrait de l’abbé
Valade : p. 178-179).
  • M. Dominique Nasse ( Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) adresse un texte concernant l’église fortifiée de Saint-Fiacre de La Chapelle-Pommier (canton de Mareuil) (fig. 2). « Elle a été, par arrêté du Préfet de Région, inscrite le 16 décembre 2008 sur l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, pour son intérêt d’art et d’histoire et sa qualité architecturale. Cette petite église romane encore assez isolée remonte à la première moitié du XIIe siècle (1100-1150) (d’après les ouvrages de Jean Secret). Le clocher était, à l’origine, un clocher-mur et une toiture en casquette couvrait la petite abside en cul-de-four. Pendant la guerre de Cent Ans, une chambre de défense a été aménagée au-dessus du choeur. Elle tranche avec la pierre taillée du chevet, dont d’élégantes arcatures relient les contreforts. Le beau portail de Saint-Fiacre est du XIIIe siècle et il reste une cloche de 1686. Saint-Fiacre fut une église paroissiale jusqu’en 1827 : c’est pourquoi l’édifice se nomme église et non chapelle. Le village de La Chapelle-Pommier fut alorsrattaché à la commune de Champeau (dont la belle église Saint-Martin est déjà inscrite). »

  • Le Dr Gilles Delluc (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) s’est intéressé à la litre funèbre qui subsiste au chevet de « l’église romane du prieuré des bénédictines de Belaygue (rattachée à Boulouneix depuis 1806 et à La Gonterie-Boulouneixdepuis 1912), aujourd’hui bien dégagée. Elle avait fait l’objet d’une étude de M. et G. Ponceau qui signalaient deux blasons (BSHAP, 1960, p. 220-221). P. Pommarède rapporte que J. Secret remarqua avec eux « des restes de litre et des traces d’écusson » (Le Périgord des églises et des chapelles oubliées, 2002, p. 102). En fait, sur place, les restes d’une litre funèbre
    armoriée sont encore visibles sur le chevet (fig. 3), avec, à deux reprises, deux écus avec leurs supports (deux lions).
    Par le traitement d’images et le relevé graphique (fig. 4), le Dr Gilles Delluc a déchiffré :
    1 - À gauche, le blason des Bertin, « écartelé, au 1, d’azur à l’épée haute d’argent garnied’or ; au 2 et 3, d’argent à trois roses de gueules sur une terrasse de sinople, feuillées et tigées de même ; au chef d’azur chargé de trois étoiles d’or ; et au 4, d’azur au lion d’or » (voir modèle, fig. 5 à gauche) ;
    2 - À droite, celui des Saint-Chamans, noble famille creusoise (voir modèle, fig. 5 à droite), « de sinople à trois fasces d’argent, au chef engrélé de même (ou de gueules) ». Jean II Bertin, seigneur de Bourdeilles, maître des requêtes et conseiller honoraire au parlement de Bordeaux (Penaud (G.), Dictionnaire biographique du Périgord, Périgueux, éd. Fanlac, 1999), avait effectivement épousé le 15 août 1705, Marie Lucrèce de Saint-Chamans, dame de Frateaux. Il eut d’elle quatorze enfants dont Henri Bertin, ministre de Louis XV, et Louis Mathieu (alias le marquis de Frateaux) qu’il fit embastiller. Anobli le 4 août 1754, ce rude et riche personnage mourut la même année à Paris, ce qui permet de dater cette litre funèbre. Une litre avec le blason des Bertin courait aussi le long de l’église d’Annesse. Elle n’est plus lisible. »

  • On connaît l’histoire de Victor Adolphe Denoix (1884-1973), administrateur du Printemps et exploitant agricole à La Bachellerie. Fils d’un sénateur farouchement républicain, il fut le chef de la Milice en Dordogne de décembre 1943 à juin 1944, tragique période marquée par l’exécution de son épouse par des maquisards et par une intense chasse aux résistants. On sait moins qu’il s’était conduit en héros à Verdun en 1916 puis sur la ligne Maginot en 1940. M. Frédéric Dumait, spécialiste du secteur fortifié de Faulquemont (Moselle), apporte des précisions. Chef de bataillon de réserve, il eut une action héroïque sur la ligne Maginot abandonnée, sans troupes d’intervalle, aux seuls équipages de ses ouvrages le 13 juin. Laissé en arrière-garde dans son secteur fortifié de Faulquemont (Moselle) avec des éléments du 156e et du 146e RIF, il fut encerclé et attaqué à revers par la 167e DI allemande le 20 juin 1940, lors de l’offensive de la 1e Armée allemande du 14 juin par la trouée de la Sarre. Trois sur cinq de ses ouvrages résisteront, « le point le plus chaud de la ligne Maginot », à 40 mètres sous terre, jusqu’à l’armistice du 24 juin. Denoix sera fait prisonnier à sa sortie le 2 juillet. Déjà âgé, il sera vite libéré. Milicien, il s’éclipsera du Périgord en juin 1944 (Frédéric Dumait, in litt. mai 2009 et www.kerfent.com). Son fils, le futur Pr Pierre Denoix, chirurgien des hôpitaux de Paris et patron de l’Institut Gustave-Roussy de Villejuif, sera résistant etrecevra la croix de guerre.

  • M. Pierre Martial (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) a consulté les catalogues des manuscrits et ouvrages volés par l’armée d’occupation (1940-1945). Il note entre autres des lettres de Talleyrand, de Rachilde et de Léon Bloy, des manuscrits (Rachilde) et surtout des livres rares (Bloy, Brantôme, Claretie, Élie Faure, Fénelon, Goudaud, Montaigne, Rachilde…).

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