Le mouvement des métayers et les campagnes de 1791 (2)

 

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II - Métayers contre propriétaires : villes contre campagnes - Les désordres de juillet-septembre 1791 : un mouvement des métayers

La carte montre un mouvement qui dure environ deux mois de la mi-juillet à la mi-septembre , ne présente, à la différence de ce qui s’est passé en janvier-février 1790 aucune cohérence géographique et ne rencontre face à lui, sauf à Bergerac, qu’une réaction tardive des autorités

1 - Levée de boucliers contre la dîme à la mi-juillet.

A la mi-juillet 1791, les villages fêtent la fédération de manière très différente. Car c’est le moment où certaines municipalités publient les décrets sur la dîme  que, malgré sa suppression fermiers et métayers continueront de payer à leur propriétaire. Le dimanche le 10 juillet un tollé accueille à l’église de Saint-Martin le Pin en Nontronnais l’annonce du curé sur la dîme. Et alors que le maire réussit presque à calmer l’assemblée en annonçant qu’on s’arrangerait sur ce sujet,1 les métayers très nombreux dans ce village, portent l’affrontement sur le terrain de la rente. Les désordres se poursuivent le 14 juillet où les métayers refusent le serment au prétexte « qu’ils sont assez frères comme cela »,et le désordre reprend le dimanche suivant avec voies de fait. La justice est alors saisie sur plainte en date du 11 juillet.

A l’autre extrémité du département, à Lamothe-Montravel2, c’est le repas de la Fédération qui marque le début de l’agitation. On y décide la réunion de la garde nationale pour le 17 juillet. Ce matin-là, après une réélection des officiers qui sert de prétexte, l’agitation a pour objet le décret sur la dîme, le rejet du document municipal et la contestation du décret du district qui selon un des meneurs n’est que de la « feuille d’obier » destinée « à des choses malpropres ». Une expédition est organisée chez une propriétaire où l’on s’empare des rentes (quint et agriers que la propriétaire désigne sous le nom de champart) et des dîmes. La municipalité en appelle au district de Mussidan et la propriétaire porte plainte le 29 dans une affaire qui occupe les tribunaux en août.

2 - Affrontements à Bergerac au moment du « blé fin »

Entre le 1°et le 12 juillet c’est le district de Bergerac qui est touché et l’administration est la première à réagir. Elle dénonce, le 4,3 le refus des métayers de payer la rente et même la dîme »avec menace de pendre ceux qui se refusent à leur complot perfide4 » et passage à l’action. Le district s’alarme de la plainte d’une (encore une fois) propriétaire, la dame Babut de Mouleydier, par une vingtaine de personnes « armées de fusils » . Le district précise être informé « que la paroisse de St Aigne est le foyer par où ont commencé les horreurs et que dans cette paroisse et dans les environs il a été commis les même vexations » .Une semaine plus tard, tout semble rentré dans l’ordre puisque le district donne acte, le 12, « aux voituriers qui ont transporté les vivres, canons et munitions de guerre à St Aigne et dans s les environs, » nécessaires à plusieurs détachements qui s’étaient portés dans ce lieu et s’y étaient réunis pour dissiper les attroupements »

En même temps donc qu’une action très rapide, se déroule un très long procès d’un mois dont on peut retenir deux types d’informations5. D’une part l’existence d’une série de rumeurs antécédentes que les témoins mesurent en semaines au cours desquelles ont circulé des mots d’ordre que répercutent certains notables (comme le premier adjoint de Saint Aigne, par ailleurs électeur) et que transmettent les marguillers, chargés tantôt d’afficher l’annonce de la fin des rentes et tantôt surtout de sonner le tocsin de la mobilisation. L’instruction met d’autre part en scène de petits groupes de métayers qui ameutent leurs collègues jusqu’à ce que se forment des cortèges (les témoins évoquent deux ou trois centaines de mutins) tel que celui qu’évoque dans sa déposition un bourgeois de Bergerac assailli et confronté, le 8 à Saint-Aigne, au chef de cet attroupement, le tailleur de Saint-Aubin. Présenté par divers témoins comme « l’homme en bleu » il se désigne comme le chef de la « basse nation ». Si à Lamothe c’est la dîme qui a été le déclencheur, il apparaît ici que c’est l’opération de vannage pour la rente (« faire blé fin ») qui met en marche les mutins6.

 3 - Mi-août : PÉRIGUEUX : entre refus de la rente et désarmement des nobles.

Difficile de connaître la raison ultime du déclenchement du mouvement à Périgueux. Au moins peut-on souligner un concours de circonstances. Périgueux connaît une situation politique instable liée à l’affrontement entre deux alliances : département patriote et municipalité conservatrice d’une part,, district et garde nationale jacobins d’autre part sous l’influence de la Société des Amis de la Constitution qu’anime P.E. Pipaud des Granges. Le torchon a flambé très fort entre eux en avril et la question religieuse maintient la tension. Le 14 juin, le maire, Salleton, a été pris dans une émeute frumentaire qui aboutit à l’emprisonnement de plusieurs femmes7. L’agitation de juillet autour de Varennes déjà mentionnée se poursuit autour de la ville avec l’enlèvement des armes, notamment à Coursac, Blis et Born etc… . Le 7 août , la ville est envahie8par les paysans des gardes nationales voisines. Le 11 août court dans la ville la menace des   habitants des campagnes de venir libérer les femmes emprisonnées en juin. Ordre est donné au capitaine de la gendarmerie du département d’appeler à l’aide les brigades de Brantôme et Thiviers.

4 - Le sommet du mouvement se produit autour du 15 août

C’est au moment de la très populaire fête du Vœu du Roy, le 15 août, que le mouvement atteint son paroxysme concernant à la fois le sud (Montravel) l’ouest (Villetoureix) le centre (Périgueux) et le sud-est (Terrasson) et le Nord Est (Excideuil). Un tel concours de circonstances laisse penser que la rumeur s’est installée et court, dès lors, d’une garde nationale à l’autre à travers le département.

a) Du côté du Montravel, alors que l’action judiciaire en cours piétine, l’agitation reprend dans le canton.9 C’est le dimanche 14, une lettre des Amis de La Constitution de Lamothe-Montravel au district10, dénonçant « les attroupements de mal intentionnés », du canton. Le 15 août à une dizaine de kilomètres à l’est de La Mothe, de Saint-Vivien et Montazeau et Bonneville se multiplient les attroupements. Fait nouveau : la capitulation à peu près générale des propriétaires. Le 17 août est organisée une réunion de concertation chez le maire de Saint-Vivien, Pommarède, à laquelle assiste le président du district Gendreau, partisan de la résistance, quand survient un attroupement les soupçonnant « d’écrire contre eux ». Les paysans exigent de raccompagner les notables à leur domicile, moyen le plus sûr pour mettre fin au conciliabule. Une descente de la garde nationale de Ste Foy le samedi 20 août, se présente à Bonneville, toujours dans le Montravel et rétablit localement l’ordre.

b) le sac de Terrasson11

C’est également à la mi-août qu’est dénoncé par l’accusateur public à Terrasson, «  un attroupement de 300 hommes arrivés des campagnes voisines qui se joignirent à des séditieux de cette ville ». Le chef des « brigands « est un sergent des grenadiers de la garde nationale qui ne «  visait à rien moins que faire entretuer les citoyens, causer une guerre civile pour des sacrifices qui tiennent à la barbarie ».L’attroupement se double d’un affrontement avec le village des faubourgs, La Villedieu,qui vise à relancer l’action une fois celle-ci apaisée. Notons que les émeutiers profèrent des menaces contre les « bourgillons »de Terrasson.

c) Autour de Ribérac

A Villetoureix, commune voisine de Ribérac dont elle n’est séparée que par la Dronne, le 15 août se produit la scène désormais classique12 :à la sortie de la messe et au son du tambour de la garde nationale, des métayers proclament l’interdiction de payer la rêve. Le maire intervient en vain.Le dimanche 21, on assiste à une série d’affrontements. A Villetoureix où l’agitation reprend, les mutins décident de marcher sur Ribérac, tandis que la ville tente en vain de mobiliser sa garde nationale13.Les paysans arrivent en force de l’autre côté de la rivière et une délégation de cinq métayers et d’un tailleur est reçue : elle exige la présence de 6 gardes nationaux à chaque partage « ils ne veulent point faire de mal mais ne veulent payer aucune rente ». On voit d’autres fronts s’ouvrir dans le district :le 20 à Allemans où l’on a fait main basse sur les canons d’un membre du Conseil Général, Chilhaud de la Rigaudie ;le même jour à Celles qui est le cadre d’un attroupement pour enlever la cloche d’une chapelle des Dulau à Montardy. A l’ouest de Ribérac, à Saint-Apre, le 24, devant les désordres le maire autorise le commandant de la garde nationale à se rendre chez un gros propriétaire pour y partager la dîme . Mais l’affaire tourne mal parce que la troupe se saisit aussi de la rêve.14

d) Retour à Périgueux.

Les désordres autour de Périgueux se multiplient : le 17 août à Saint-Astier, le 18 de Lisle, Agonac, Grignols, St Astier encore « et autres »15. Le 19 la confusion s’aggrave : deux commissaires nommés pour rétablir l’ordre viennent extorquer à une propriétaire la rente de bordiers avec menace d’une intervention de la garde nationale d’Atur. Le lundi 22 août sont signalés de nouveaux troubles à Coursac, Saint Astier et surtout Razac où« les plus factieux s’étaient fortifiés de plusieurs pièces de canons ». Le 24, ce sont cinq nobles ou notables dont deux femmes qui se plaignaient de ce qu’après avoir « publié la défense de payer la rente », la garde nationale et les officiers municipaux (sans le maire) et 150 personnes sont venus leur enlever leurs armes et « par une apparence de justice qui ne peut être qu’un pur délire a donné reçu des armes prises ».

 5 - Reprise en Nontronnais16 :

Le dimanche 21, à Saint-Saud, François Saigne, huissier aux tailles, habitant Bourdeille,venu rappeler à leur devoir les habitants sur leurs impositions arréragées de 1790, entend le tambour «  crier à haute voix que le public demeurait averti qu’il ne fallait payer ni taille ni rente, ni dixmes  sous menace d’être égorgé ». A l’issue de la messe paroissiale le tambour annonce une réunion l’après-midi, sous la halle, pour décider du non-paiement des rentes. A ce moment- là, Joubert qui mène la danse,vient demander au maire  de fournir un arbre pour « dresser une potence à l’usage de ceux qui payeraient à l’avenir des rentes ou dîmes aux seigneurs, »: et cherche à obtenir que vienne de Périgueux du seigneur de Saint-Saud pour leur rembourser les rentes qu’il aurait déjà perçues en ajoutant que « s’il ne voulait se rendre il n’y avait qu’à se rendre de suite à Périgueux se saisir de lui et le conduire à St Saud pour le contraindre au remboursement de la rente ».17

6 -  Le district d’Excideuil 

Des événements du même type se produisent dans le district d’Excideuil où les désordres se multiplient depuis Varennes avec notamment le sac du château de Boulhen (Montagnac la Crempse) où l’on enlève armes et papiers. A noter un événement de nature à faire monter la tension :le 19 juillet se présentent des députés de la Corrèze recherchant les auteurs de l’attentat commis dans la ville de Lubersac.18Dans une bonne quinzaine de paroisses, au cours de la deuxième quinzaine de juillet, les plaintes au district se multiplient pour enlèvement d’armes. Fin juillet les bancs brûlent à Saint-Aulaye d’Ans, Corgnac, Saint-Jory-Lasbloux19. Le 15 aout, l’affrontement qui couvait à Tourtoirac dégénère. Le même jour, à Saint-Raphaël la confusion s’installe : un propriétaire menacé appelle la garde nationale. Avant que celle-ci intervienne la mairie offre sa médiation et sera condamnée pour cela. Défaut de transmission : la garde nationale intervient derechef. A sa tête un membre des jacobins de Périgueux intervient et tire deux coups de feu qui auraient blessé…13 personnes. Affolé un habitant court les villages alentour pour sonner l’alarme. Finalement la garde nationale d’Excideuil rétablit l’ordre et fait emprisonner l’homme au fusil. Les agitations continuent : le 31 août à Saint-Aignan un certain Raymond est dénoncé « comme un fâcheux qui trouble le bon ordre sous prétexte que les métayers ne doivent payer dîmes ni rentes ». C’est le 10 septembre que tombe l’arrêté du département évoquant « le refus obstiné des colons partiaires de payer la dîme et les rentes . … et qu’on a poussé l’oubli du devoir jusqu’à élever dans les places publiques des potences »20. .Nailhac où l’agitation est endémique, St Aignan et St Martial d’Hautefort, St Eulalie d’Ans et Tourtoirac sont touchés. Dès le 14 septembre Saint-Rome a établi la liste des personnes arrêtées sur ces dénonciations : elle élargit le périmètre des désordres réprimés au communes de -Granges, Tourtoirac, St Martial Laborie, Saint Aulaye, Lanouaille, Saint-0rse.

 

Au total les documents font apparaître en cinq points différents plusieurs dizaines de villages concernés. Compte-tenu de leur dispersion, il n’est pas illégitime de nous demander si nos sources sont exhaustives : il faudrait au moins y ajouter les cas de conciliation organisés et sur lesquels nous reviendrons et ceux où comme à Plazac près de Montignac la municipalité s’est refusée à dénoncer les faits délictueux21.

 

B - Une répression à deux…ou trois vitesses

La répression s’organise de manière très différente et souligne la très inégale efficacité des autorités. Ainsi Bergerac qui doit faire face au mouvement le plus étendu y met fin très tôt à cette réserve près que le 8 août au petit matin la garde nationale de la ville a été prise dans un guet-apens en ramenant les prisonniers de Saint-Agne. Mais l’ordre a été rétabli le jour même. Nontron a pu régler les affaires par son tribunal de district que dirige le futur député Verneil-Puyrazeau. L’affaire de Terrasson n’a pas non plus eu de suites. Il semble que l’on ait ici des districts où une administration impose ses règles et tranche beaucoup plus fermement.

Il faudra en revanche plus d’un mois pour rétablir l’ordre dans le district de Mussidan. Malgré la dénonciation de la mairie, le district n’intervient que le 11 août ou quatre hommes sont dénoncés à l’accusateur public. La victime a saisi le tribunal de Montpon le 28 juillet. Mais il apparaît que de tous côtés la procédure est bloquée par les menaces faites contre les témoins et les décrétés de prise de corps courent toujours. On décide donc d’instruire à Lamothe pour éviter des voyages périlleux aux témoins. Mais le 22 l’accusateur public à Montpon déclare « qu’il eût pensé que l’administration du département eût mis plus d’empressement à fournir les moyens de mandés au tribunal pour ramener à exécution les décrets décernés contre les auteurs des attroupements » et puisqu’il n’en est rien, déclare vouloir «  se mettre en marche et s’exposer même s’il le fait en protestant contre l’indifférence coupable du département22 ».

Finalement la situation se dénoue de deux manières. D’un côté, nous l’avons vu, par l’initiative les gardes nationales de Sainte-Foy et Castillon qui , le 20 pincent à Bonneville une dizaine de paysans à la sortie de la messe. D’un autre côté, le district envoie le 22 août, à Périgueux son procureur-syndic où il obtient une aide de 1000 livres et l’autorisation d’appeler les directoires de Bergerac, Libourne et les officiers municipaux de Ste Foy et Castillon, Gensac, Montpon et Mussidan pour se retrouver le vendredi 26 à Lamothe. On ne sait qui intervint mais le 29 août, le chef -lieu de district est sollicité pour prendre en charge les prisonniers de l’opération23

2 - Périgueux et l’action départementale.

Cette première intervention se produit alors-même que le département doit faire face à l’agitation du district de Périgueux. Le département avait d’abord tenté de raisonner les paysans dans une proclamation du 11 août24. Peine perdue : les désordres n’ont cessé de croîtrei bien que, le 17 août, on se décide enfin à organiser la mobilisation militaire. D’abord dans le cadre du district avec appel à la garde nationale de Périgueux. Mais surtout on tente d’organiser une mobilisation départementale : décision est prise d’imposer à chaque district la fourniture d’unontingent , pour constituer la force départementale , la fourniture de troupes à pied et à cheval étant proportionnelle à la population : de Bergerac (70 à pied, 14 à cheval), à Belvès( 41 et 8) qui seront prêts à se rendre ou au lieu qui leur sera incessamment indiqué. Chaque district fera de plus désigner et choisir une force locale importante. C’est donc plus de 1000 hommes qui devraient se tenir prêts à marcher au moment requis, preuve, là aussi, de l’ampleur de la menace d’autant que la même réquisition s’étendait aux gendarmes nationaux appelés à Périgueux et qu’appel à l’aide était lancé à trois départements voisins : la Charente, le Lot et Garonne et la Gironde, preuve d’ailleurs que la menace était la plus forte à l’ouest et au sud25. Le même jour, les officiers de la garde nationale de Périgueux venaient assurer le directoire de leur loyauté : 200 volontaires s’étaient annoncés et l’on en prévoyait 300 ainsi que 50 cavaliers qui seraient conduits par 2 commissaires, Saint Rome pour le département et Pipaud pour le district, avec 2 pièces de canons.

Cette mobilisation départementale fut sans écho et seul Belvès y répondit : son contingent paraissant à Périgueux, le 24 août, où la municipalité était chargée de lui fournir l’étape. En revanche la troupe périgourdine partit dans la  nuit du vendredi au samedi 20 août. A la garde nationale s’ajoutaient trois brigades de gendarmerie sous l’autorité de Bovier de Bellevaux, capitaine de la Gendarmerie Nationale. Pour éviter des troubles en ville on décida de subventionner les boulangers pour que la hausse du prix du grain ne soit pas reportée sur le pain26. Dès le 21 se produisaient les premières arrestations : les municipalités de Lisle et de Bussac devaient faire face à l’agitation de 5 détenus que l’on décidait de transférer à Périgueux. Le 29 août, à l’issue de leur passage en Ribéracois,  Pipaud et Saint Rome présentaient les procès-verbaux de leurs interventions des 20, 21 et 22 à Lisle, Bourdeille, Biras, Valeuil, Agonac et Pressac : 18 détenus avaient été pris afin de connaître qui les avait engagés  à devenir « perturbateurs du repos public ». Le lendemain 30, trente nouvelles dénonciations étaient présentées par Pipaud et Saint-Rome suite à leur intervention des 25-29 août en Ribéracois, mais aussi Saint-Astier, Razac. IL semble que ce fût également Périgueux qui fournit les hommes pour rétablir l’ordre à Excideuil sous le commandement de Saint-Rome.

Une répression sanglante ?

Le 3 octobre, l’un des plus radicaux de la Société des Jacobins de Périgueux, Pierre Chrétien ,envoyait une adresse à l’Assemblée nationale pour dénoncer le procureur du Roy, Mandavy qui maintenait dans les fers, malgré la loi d’amnistie du 15 septembre, 61 laboureurs, nous donnant ainsi un chiffre qui peut paraître définitif de la répression.

Au-delà, c’est une polémique qu’il engage sur la violence de la répression qu’il est seul à dénoncer en ces termes. Tout en reconnaissant la modération de certains gardes nationaux, il soulignait en particulier les excès de la répression à Excideuil. Selon lui Saint-Rome qui la conduisait, avait tenu à choisir lui-même les soldats de la garde nationale (probablement de Périgueux) qui l’accompagnaient « malgré la résistance légitime du commandant »« Ce fut en effet dans la dernière course que les excès furent portés à leur comble. Plusieurs satellites du commissaire, ne connaissant plus de borne, firent couler le sang. »27 Que vaut cette dénonciation dans un appel à la clémence qui ne fut finalement signée que de lui et du notaire périgourdin Gilles Lagrange ? On peut d’ailleurs la lire à l’envers et voir, dans la manière de choisir de Saint-Rome, l’impatience d’avoir été soumis à la modération de Duroc et probablement de Pipaud dans les précédentes expéditions .

 

 

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1 ADD 19L76 Ledit Patoureau, maire a dit qu’on s’arrangerait et qu’on partagerait la dîme
2 ADD 18L38
3 ADD E3L 8
4 Idem, « Ces mêmes personnes ont plus fait encore : elles se sont transportées à main armées sur divers domaines et ont fait faire en leur présence le partage de la récolte entre propriétaires et métayers sans égard à la dîme et à la rente et ont menacé de pendaison »
5 ADD 15L34
6 Id un des témoins déclare que puisque les grains étaient ce moment sur le sol il n’avait rien à dire ; qu’il reviendrait lorsqu’on partagerait le froment »
7 ADD 1L157, 14 juin Rassemblement de femmes sur la place du Coderc pour faire baisser le prix du pain
8 A L 158 une troupe considérable d’habitants de la campagne, armés d’espèces de massues s’étaient rendus dans cette ville » et fait le sac de la maison du propriétaire Lagrèze.
9 ADD 18L38
10 ADD 6L7
11 ADD 17L14
12 ADD 29L51
13 ADD 9L6
14 ADD 9L6
15 ADD 9L157 idem pour les faits suivants aux dates indiquées
16 ADD 19L76
17 A noter que la question des rentes se posait déjà autour de l’abbaye de Peyrouse dont un des fermiers réclamait au receveur du district qui réclamait un sursis d’imposition »jusqu’à ce que les rentes lui fussent servies et payées (4 L 9-7 février 1791)
18 ADD 4L9
19 ADD 4L9, 5 juillet 1791
20 ADD 1L158
21 ADD 17L15 Dénonciation de l’accusateur public, Maigne de Lafleunie contre le procureur de la commune de Plazac.
22 ADD 18L38
23 ADD 6L7 Considérant que l’un de ses premiers devoirs est de pourvoir à la subsistance des prisonniers traduits dans les prisons de cette ville à l’issue de l’expédition qui vient de se faire dans le Montravel
24 ADD 1L158
25 Idem, 18 août 1791
26 ADD 1L157, 22 août 1791
27 Bibliothèque Municipale de Périgueux, fonds Lapeyre L R V,7

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